Vedran Runje, comment expliquez-vous que votre formation soit plus en difficulté à Bollaert qu'à l'extérieur ?C'est une mauvaise potion magique ! C'est difficile à expliquer mais c'est comme ça. Pourtant, quand vous avez 30 000 supporters qui vous poussent, même en Ligue 2, cela doit surtout vous amener une pression positive. Avoir de tels supporters, en deuxième division, cela fait rêver de nombreux joueurs de foot. Il n'y a pas de solution miracle. En plus, on se procure des occasions. On doit désormais s'atteler à les mettre au fond ! On est également parfois un peu impatients. C'est un petit problème. En même temps, quand vous avez 30 000 personnes derrière vous, vous ne pouvez pas trop attendre non plus. Et, parfois, on oublie donc de défendre...
Cela veut dire que vous vous seriez contentés allégrement d'un résultat nul face à Sedan ou Montpellier ?Oui, certainement. Il ne faut pas cracher sur ces matches nuls. Evidemment, on doit jouer pour gagner. Mais avec deux points de plus, ce serait déjà différent d'aujourd'hui. La saison dernière, en Ligue 1, avec deux points de plus, nous sauvions notre peau en Ligue 1 ! Les équipes qui viennent chez nous veulent essentiellement défendre. Et, si on ne trouve pas la solution, on doit aussi savoir se contenter d'un partage des points. Après, ce n'est pas évident, avec un public passionné, de refuser le jeu. Le bilan comptable, on le fera en fin de saison. Et ces deux points perdus, on ne les récupèrera pas.
« C'est passé à la télévision croate ! » Comment vivez-vous l'histoire d'amour qui vous lie aujourd'hui aux supporters lensois ?Cela fait très plaisir évidemment. Cela a encore pris une autre tournure lors de la réception de Sedan avec cette « décoration » (sic) et cette phrase en Croate. Cette relation particulière est vraiment plaisante. Mais elle met aussi plus de pression. Cela implique encore plus de responsabilités. Après, si nous nous apprécions, cela ne doit pas être le fruit du hasard. Le fait que je suis resté à Lens joue très certainement dans l'esprit des fans. Ils respectent ça. Mais, à chaque match, je dois assumer le fait qu'ils attendent un peu plus de moi.
Lorsque ce tifo à votre effigie a été sorti, avez-vous été surpris ?Complètement ! On m'avait dit, à l'échauffement : « Tu verras, il y aura une petite phrase en Croate pour toi ». Mais je ne m'attendais absolument pas à cela. Là, c'est toute une tribune qui m'a rendu ce bel hommage. C'était incroyable ! Vous savez, cette « décoration » est passée sur les chaînes de mon pays. Ils en ont parlé à la radio, à la télé, un peu partout. J'espère vraiment gagner quelque chose ici pour pouvoir vivre un grand moment avec ces supporters.
Vous ne regrettez donc pas d'être resté à Lens ?Je ne le regrette pas une seule seconde ! Nous ne devons même pas regarder le mercato. Nous devons aller au bout de cette saison. Dans le foot, il n'y a pas de place pour les regrets. Moi, je n'en ai aucun. Quand vous jouez à Lens, même en Ligue 2, c'est une énorme chance. Je suis gâté d'être ici. Je savoure cela chaque jour.
Article paru sur Lensois.com